PATRICK DILS : PREMIER MINEUR A AVOIR ENCOURU LA RECLUSION CRIMINELLE A PERPETUITE

Jeudi 03 avril 2014

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PREMIER MINEUR A AVOIR ENCOURU LA RECLUSION CRIMINELLE A PERPETUITE »

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Patrick Dils
qui n’avait que 16 ans au moment des faits

Ce visage, tous les Français le connaissent. Tout du moins, ceux nés avant une certaine année. C’est celui de la honte pour notre Justice française ! C’est celui de Patrick Dils, premier mineur ayant encouru la plus lourde condamnation judiciaire de notre pays : la réclusion criminelle à perpétuité ! Inédit ! Du jamais vu ! Si « Monsieur » Robert Badinter n’avait pas aboli, en 1981, la peine de mort en hommage à Victor Hugo qui dénonçait déjà à son époque cette barbarie, Patrick Dils aurait très bien pu devenir le premier mineur condamné à mort ! Certes, l’exécution aurait peut-être eu lieu à sa majorité mais son ordre aurait été prononcé alors qu’il aurait encore été mineur ! D’ailleurs, l’avocat général avait même affirmé que, si la peine de mort avait encore existé, il l’aurait demandée ! Quel barbare ! Quelle honte ! Ne s’est-il pas mis un instant dans la peau des parents du petit Patrick qui, en prenant la violence de tels propos en pleines oreilles, ont dû recevoir un poignard en plein cœur ? !

Patrick Dils n’avait que 16 ans lorsqu’il a reconnu, ce 30 avril 1987, avoir commis le double—meurtre de Cyril Beining et d’Alexandre Beckrich, nés en 1978, sur un talus de Montigny-lès-Metz, en Moselle. Des aveux extirpés d’un gamin qui croyait naïvement retrouver la liberté promise par une autorité policière. Une dispute qui tourne mal, ça arrive ! Et pis, on ne va pas en prison lorsqu’on est mineur ! Foutaise !

Je le réécris : Patrick Dils n’était qu’un gamin de 16 ans (la moitié en âge mental) qui « voulait juste rentrer chez lui », la même rue que Cyril Beining et Alexandre Beckrich, ce 28 septembre 1986 lorsqu’une personne le dénonce par téléphone après la découverte des corps des deux petits garçons le long d’une voie de garage de la SNCF à Montigny-lès-Metz. Son emploi du temps ne correspondant pas à l’heure du crime indiquée par le légiste, il est relâché… Ses quelques heures de garde-à-vue lui auraient très probablement laissé des séquelles psychologiques mais son cauchemar se serait néanmoins arrêté là. C’était sans compter sur un nouveau témoignage, survenu le 28 avril 1987, tellement « béton » qu’il a même remis en cause l’heure du crime que le légiste avait indiquée ! « Il est interpellé à la sortie de son travail dans un restaurant de Montigny-lès-Metz où il est en apprentissage. Après trente-six heures de garde à vue et d’interrogatoires sur plusieurs jours, il finit par avouer avoir commis ce meurtre et déclare qu’il ne sait pas pourquoi il a tué ces enfants. ».

Après quinze très longues années de prise d’otage, de 16 à 32 ans, la Justice a finalement reconnu, le 24 avril 2002, jour où le condamné à tort franchit le portail de la cour d’appel de Lyon totalement libre à 22h10, son erreur et a totalement blanchi du sang sur les mains qu’elle avait amputé à Patrick Dils.

Condamné, à l’âge de 19 ans, à passer le restant de sa vie dans un sinistre endroit où le meurtre d’enfants est considéré comme le pire des crimes et où, visiblement, il n’a jamais été entendu parler, non pas de la « présomption d’innocence » qui est « le principe selon lequel toute personne qui se voit reprocher une infraction est réputée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été légalement prouvée » mais de l’« erreur judiciaire » qui se définit comme étant une « erreur de fait commise par une juridiction de jugement dans son appréciation de la culpabilité d’une personne poursuivie », comment Patrick Dils a-t-il réussi à pardonner ? Comment pardonne-t-on et redonne-t-on sa confiance à un système judiciaire et pénitencier qui nous a broyé, maltraité et humilié à une période fondamentale pour la construction de sa personnalité ?

Quelles sanctions ont été prises à l’encontre, justement, de ce même système judiciaire et pénitencier qui a fait exactement le contraire du pour quoi il est rémunéré, à savoir protéger les victimes et faire payer aux véritables criminels leur dette à la société ? Aucune ! La « Justice » n’a donné au condamné à tort Patrick Dils qu’un million d’euros d’indemnisation… Un million d’euros ! Qu’est-ce qu’un petit et misérable million d’euros pour un homme détruit à l’intérieur ? ! Que va-t-il pouvoir répondre aux questions de sa petite Ambre, qui a fait de lui un papa en octobre 2012, lorsqu’elle apprendra que celui qui la protège a été, un temps, soupçonné et reconnu coupable du double-meurtre de deux enfants de son âge ? ? ! !

L’histoire de cet adolescent doit être le sujet de tout un cours entier et complet sur l’erreur judiciaire dans toutes les écoles de la police judiciaire, de la gendarmerie nationale et à l’Ecole Nationale de la Magistrature bordelaise pour que plus jamais elle ne se répète !

Merci d’avoir consacré quelques minutes de votre temps à la lecture de cet article et prenez soin de vous !

Jessica NATALINO alias « Plume Libre »,
Ne les oublions pas !

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